“Le livre est créature fragile…” : la reliure à l’Institut

Some books and journals in our collection are bound for longer conservation or general repairs. Linda Leger, our librarian in charge of bookbinding, tells us how, why, and by whom this is done, just as she passes the baton to Martine Basset.

“Le livre est créature fragile, il souffre de l’usure du temps, craint les rongeurs, les intempéries, les mains inhabiles. […] Le bibliothécaire les défend donc non seulement des hommes mais aussi de la nature, et consacre sa vie à cette guerre contre les forces de l’oubli, ennemi de la vérité.”
― Umberto Eco, Le nom de la rose

Qui n’a pas été marqué par l’image de la bibliothèque en flammes dans le film « Le nom de la rose » ? Elle éveille le regret de toutes les idées et connaissances perdues à jamais, car les bibliothèques sont des lieux de conservation de la connaissance de l’humanité. Pour entretenir leurs collections imprimées, les bibliothèques font appel à des procédés tels que la reliure.

Mais qu’est-ce que la reliure ?

Elle consiste à rassembler plusieurs fascicules en un seul volume afin d’en prévenir la dégradation et permettre un usage plus durable dans le temps.  A certaines époques, les livres reliés devenaient même des objets de collection en raison de la noblesse des matériaux utilisés et la beauté des couvertures.

Relier est tout un art, raison pour laquelle la Bibliothèque confie cette tâche à deux artisans relieurs qui ont leur atelier à Genève : Au Bon relieur et la Reliure artisanale du Léman.

Pour relier différents fascicules, on  les colle ensemble et on ajoute un plat de derrière et un plat de devant, maintenus par un dos recouvert d’une toile de rexine. Les plats sont constitués de papier sans lignine (une molécule présente dans le bois) et traité contre l’acidité, répondant à la norme ISO 9706. Le titre du volume est ensuite gravé sur le dos à la feuille d’or.

Quels documents en bénéficient ?

La Bibliothèque de l’IHEID relie près de 300 volumes de revues scientifiques par année, car leur couverture souple peut être facilement abîmée. Près d’une dizaine de livres endommagés bénéficient du même traitement chaque année. Ainsi, le livre publié en 1900 “Le marxisme et son critique Bernstein” de Karl Kautsky, a retrouvé une deuxième vie. Nous disposons également d’archives intégrales et reliées du magazine “The Economist” depuis 1905, soit plus de vingt ans avant la fondation de l’Institut !

Pour ne pas grever le budget de la Bibliothèque, des priorités sont fixées : les périodiques les plus consultés sont plus enclins à être abîmés. Nous relions donc ceux pour lesquels il n’existe pas d’accès en ligne, ou dont la couverture est la plus souple.

Très peu de revues d’économie sont ainsi reliées, car leurs lecteurs préfèrent souvent la version électronique. Une autre exception a des causes historiques : les collections de l’ancien IUED, aujourd’hui sous cote P7, n’ont jamais été reliées.

Et demain ?

Une réflexion plus approfondie sera menée prochainement afin de prendre en compte, entre autres,  la valeur patrimoniale des périodiques dans les critères de reliure. Une chose est sûre toutefois : même à l’heure du numérique, l’imprimé a une valeur, et nous ferons notre possible pour la préserver.

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