Livre de la semaine : “L’événement 68” de Emmanuelle Loyer

Un retour aux sources de Mai 68
“On ne semble plus vouloir aborder Mai 68 que sous deux angles : la commémoration des témoins et des anciens, rituellement organisée tous les dix ans ; la liquidation exigée par ses adversaires, qui, régulièrement, revient sur le devant de la scène médiatique. Ce livre veut sortir de ce double discours, pieux et nostalgique ou vindicatif et injuste, en proposant les documents qui, sur le moment même, ont constitué l’événement de Mai 68.
À travers ces traces écrites, ces voix plurielles – déclarations, pétitions, slogans, tracts, procès-verbaux de manifestations, fiches de renseignements généraux, projets étudiants ou ouvriers, extraits de presse, fragments de discours –, l’on peut revivre au plus juste et comprendre ce qui fut une véritable révolution, dans la rue, certes, mais aussi dans les mots. Le regard de l’historienne, au ras de l’archive, permet ainsi de lire à nouveaux frais ce qui s’est passé au printemps 68, moment d’invention et de jubilation de la parole.”
Editeur : Paris : Flammarion, 2018
Call Number: 944.083, HEIA 121742

Sous les compactus, la plage ?

A première vue, l’ordre et la méthode semblent régner en maîtres dans les rayonnages des bibliothèques, mais cette impression est trompeuse : des ouvrages disparaissent régulièrement de nos étagères, et plus mystérieusement encore, nous découvrons parfois des publications qui se sont glissées dans nos fonds inopinément.

Nous avons ainsi récemment (re-)découvert dans nos compactus un portfolio de photographies de mai 68. Si nous ignorons d’où vient cette publication qui a échappé à la vigilance des bibliothécaires malgré deux déménagements, elle a maintenant rejoint notre collection après avoir été dûment cataloguée et indexée.

L’ensemble du portfolio peut être consulté à la bibliothèque sous la cote 944.083, HEIA 121756 (format spécial, exclu du prêt).

Livre de la semaine : “Le djihad et la mort” de Olivier Roy

Nous aimons la mort, vous aimez la vie.”

“De Khaled Kelkal en 1995 à l’attentat de Nice en 2016, pratiquement tous les terroristes se font exploser eux-mêmes ou tuer par la police, sans vraiment chercher à fuir et sans que leur mort soit nécessaire à la réalisation de leur action. Mohammed Merah reprendra la phrase attribuée à Oussama ben Laden et systématiquement reprise avec des variantes : “Nous aimons la mort, vous aimez la vie.”

La mort du terroriste n’est pas une possibilité ou une conséquence malheureuse de son action, elle est au cœur de son projet. L’on retrouve cette même fascination pour la mort chez le djihadiste qui rejoint Daech : l’attentat-suicide est la finalité par excellence de son engagement. Et si c’était cela, le vrai danger ? Non pas les dégâts infligés, mais l’effet de terreur. Car la force de Daech est de jouer sur nos peurs. Et cette peur, c’est la peur de l’islam.”

Editeur : Paris : Seuil, 2016
Cote : 323.28 HEIA 115556


Olivier Roy sera présent aujourd’hui, mercredi 9 mai, à l’Institut pour la conférence : De quoi le cochon est-il le nom ? Des agressions de Cologne à l’affaire Weinstein.

Photo credit: Olivier Roy, par Internaz, CC By-NC-SA 2.0