Moi, Thomas, étudiant et auxiliaire de bibliothèque

Comment en êtes-vous arrivé à travailler à la Bibliothèque ?
Il y a 2 ans, j’ai rencontré à la Bibliothèque de Genève un auxiliaire qui m’expliqua en deux mots les bases du métier. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de vouloir faire partie un jour de cette petite corporation privilégiée. Une fois accepté à l’Institut, j’ai tout de suite postulé et, par chance, j’ai pu être engagé.

Quelles sont les exigences du poste ?
De la précaution et de la rigueur – ce qui me manque parfois, au grand dam de la responsable du prêt. Parler les deux langues de l’Institut – français et anglais – est également un prérequis.

Quelles sont vos tâches principales ?
Effectuer les prêts et les retours des ouvrages, mais répondre aussi aux questions qui vont du livre introuvable aux difficultés d’utilisation des bases de données. Pour les nombreuses demandes technico-informatiques, nous les renvoyons le plus souvent au service IT.

Quels horaires effectuez-vous ?
Nous sommes cinq auxiliaires à travailler durant la semaine. Ensemble nous devons assurer les permanences du lundi au vendredi, de 10 à 22 heures, et le samedi, de 9 à 19 heures. D’autres étudiants sont à l’accueil le dimanche. Je travaille donc environ 13 heures par semaine et deux demi-samedis par mois. Mes horaires peuvent varier selon les disponibilités de chacun.

Quels sont les avantages d’un tel poste lorsque l’on est encore en études ?
Travailler sur son lieu d’étude permet de gagner beaucoup de temps. Il nous est possible d’être en fonction moins d’une minute après un cours.
De plus, nous pouvons étudier sur nos heures de permanence quand une affluence moindre le permet. Enfin, j’ajoute que le salaire est alléchant. Cerise sur le gâteau, on est amené à parler plusieurs langues et rencontrer de belles personnes.

Et ses inconvénients ?
Par sa promiscuité, le lieu de travail se révèle être le plus grand des avantages et le seul petit inconvénient.

N’est-ce pas délicat de demander à un camarade de payer ses amendes ?
Rien ne peut égaler mon zèle et ma froideur lorsqu’il s’agit d’imposer un passage à la caisse. (Rires.)

Votre vision du métier a-t-elle évolué depuis vos débuts ?
J’avais une idée assez claire du travail au prêt en arrivant. Cependant, j’ai pu découvrir au contact des bibliothécaires les multiples tâches qui animent ces ruches du savoir.

Certains estiment que le métier de bibliothécaire se décline au féminin, qu’en pensez-vous ?
Pures fabulations.

Une bibliothèque pour vous, c’est…
… un lieu étrange dans lequel se nouent des spatialités et temporalités distinctes formant une hétérotopie et une hétérochronie. Des mots lumineux que nous offre le philosophe Gaston Bachelard : « Le paradis, à n’en pas douter, n’est qu’une immense bibliothèque ».

Un livre de la Bibliothèque que vous recommandez ?
Le développement. Histoire d’une croyance occidentale de Gilbert Rist. Mais aussi, Das Kapital, à lire et à relire.

 


D’autres informations sur la Bibliothèque sont à retrouver dans notre rapport d’activité (version issuu ou format pdf).

Communs et dommages : les livres, l’eau et les maux

Les ressources de la Bibliothèque sont un bien commun mis à disposition de ses usagers. Ils n’appartiennent pas à une personne, mais à l’ensemble de la communauté. Chacun en est responsable, et les bibliothécaires veillent à leur bon traitement.

Continue reading “Communs et dommages : les livres, l’eau et les maux”

Film de la semaine : “L’homme qui répare les femmes : la colère d’Hippocrate” de Thierry Michel et Colette Braeckman

Lauréat du prix Nobel de la paix 2018, le Docteur Denis Mukwege est l’homme qui répare des milliers de femmes violées durant 20 ans de conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Sa lutte incessante pour mettre fin à ces atrocités et dénoncer l’impunité dont jouissent les coupables, dérange. Fin 2012, le Docteur est l’objet d’une nouvelle tentative d’assassinat, à laquelle il échappe miraculeusement. Menacé de mort, ce médecin au destin exceptionnel vit dorénavant cloîtré dans son hôpital de Bukavu, sous la protection des Casques bleus des Nations unies. Mais il n’est plus seul à lutter. A ses côtés, ces femmes auxquelles il a rendu leur intégrité physique et leur dignité, devenues grâce à lui de véritables activistes de la paix, assoiffées de justice.

Publisher: Les films de la passerelle, 2015
Call Number: 7.0 HOM